En fait, je l'ai découvert la semaine dernière, nous y sommes allés le premier novembre car ce jour là, les hongrois vont au cimetière et allument des bougies sur les tombes, y déposent des couronnes de fleurs... et là, je suis tombée sous le charme de cet endroit (oui, je sais, c'est un cimetière !), car ce n'est pas un endroit triste du tout mais plutôt un vrai havre de paix et de sérénité. Le fait est que ce cimetière est un grand parc paysagé au milieu duquel sont parsemées les tombes, ce n'est pas austère comme nos cimetières où les tombes sont alignées autour de micro-allées de graviers....
Et en plus, la première fois que j'y suis allée, il y avait un soleil magnifique, nous sommes en automne donc les arbres ont des couleurs incroyables et les feuilles tombent doucement... bref, toutes les conditions étaient réunies pour adorer ce cimetière qui est l'image même des cimetières qu'auraient pu imaginer les romantiques au 19° !
Donc voilou, comme je suis dans une période photo, ce matin j'y suis retournée, pour immortaliser ce cimetière en automne. Le temps n'était pas si génial que ça donc le résultat est moins "lyrique" que la réalité de la semaine dernière, mais ça donne quand même une idée de ce lieu magique (et hors des guides touristiques ! ouf !!)
Pendant qu'on est dans le lyrisme, je vous colle un texte sur Budapest qu j'ai découvert par hasard dans mes navigations sur le web, j'en suis pas à ce point là avec Budapest mais peut-être qu'en juin le discours sera plus le même ! Savourez :
D'abord, il y a le chemin qui coupe le paysage et de cette plaie ouverte s'écoulent de paisibles villages peuplés de maisons aux murs bariolés de bouquets de paprika. Des maisons basses aux couleurs hautes qui nous prouvent, si besoin en était encore, que l'on est bien en Hongrie.
Ensuite il y a Budapest que l'on aborde de loin d'abord, immensité insaisissable. Il y a cette ville brisée en deux que quelques ports tentent de sauver de la dérive. Il y a ces deux rives assiégées par la poussée des bâtiments, qui se font face, se provoquant du regard tout en essayant de saisir leur reflet dans les eaux troubles du Danube.
Il y a ces bâtiments qui, tels de vieilles dames vénérables, surveillent du coin de leurs fenêtres cette ville dont ils sont à la fois les fondateurs et les légataires. On s'y enfonce lentement, le regard tourné vers la cime des rues hautes, conscient de n'être rien, d'être si vulnérables sous le regard des aigles figés dans la pierre des murailles.
Et, toujours, dressant sa silhouette désormais familière, le château de Buda, fier et orgueilleux de son passé trouble, daigne abaisser son regard de lumière sur la ville à jamais pétrifiée. Budapest, telle une immense scène, nous rappelle notre condition humaine. Ombres aléatoires du temps qui pèse sur nous, nous ne faisons qu'effleurer de nos gestes puérils cette ville qui nous précède et qui nous survit déjà.
Mais alors que certaines rues plongent leur regard vers l'autre rive du Danube et jusqu'au-delà, d'autres, le regard voilé, se heurtent à d 'imposantes bâtisses qui recouvrent toute la rue d'une épaisse couche d'ombre. Parcourir Budapest, la pénétrer, la fouiller ne serait-ce que du regard, me fait toujours ressentir une grande fierté, une envie de crier à la face du monde: “J'étais ici“. Encore et toujours, Budapest, telle une gigantesque Babylone, nous nargue et nous crie sa rage de vivre.
Et lorsqu'on quitte la capitale et que l'on s'enfonce dans la campagne hongroise, on assiste à la renaissance d'un passé que l'on croyait à jamais enfoui dans les vieux manuels. Mais alors que ces vieux manuels jaunissent privés de soleils à tout jamais, la campagne hongroise crie sa joie de vivre et se laisse emporter par la ronde des saisons.
Ici plus que partout ailleurs, le passé vit au présent et s'acharne à renaître à nouveau chaque jour. La nature participe en souveraine à la fête et pare le nouveau-né de ses attributs, lui rappelant que l'homme appartient à la terre et non l'inverse.
Et puis il y a toutes ces villes hongroises surgies d'un passé à jamais présent. Il y a Pécs, Szeged, Miskolc, et les autres qui, toutes, percent le sol millénaire pour dresser leurs châles de pierre et de traditions, bravant ce climat hongrois qui se montre tantôt sans pitié, tantôt riche de promesses.
Et de nouveau, il y a encore et toujours Budapest qui ne laisse de place à d'autres pensées qu'au prix de violentes batailles. Ville éternelle pour toujours ancrée dans le sol de la Hongrie et qui chaque jour renaît de ses cendres pour mieux éblouir le passager égaré, pour se parer d'une nouvelle beauté, Budapest s'offre chaque jour dans un nouvel élan de défi à tous ceux qui rêvent depuis toujours de la posséder.
Pour ma part, l’admiration a bien vite fait place a l’amour tendre et passionné. Cette ville me hante et ne me laisse penser que peu à d’autres.
Je croise souvent de ces vieilles demeures dénudées pareilles à de vieux aristocrates dignes dépouillés de leurs plus belles parures. Mais Budapest ne se laisse pas intimider par le temps qui coule. Elle nous protège et nous délivre chaque jour du désespoir. Budapest, mon amour.
Le premier pas que je posa sur le sol hongrois devait sceller mon destin a tout jamais. J’étais loin de me douter des richesses cachées de ce pays dont je n’étais pas loin de penser qu’il était un de ces nouveaux pays récemment nés, jeune et sans histoire.
Quelle ne fut pas ma surprise d’y découvrir une vie, un monde dont même les reflets ne m’étaient apparus.
Je m’y suis plongé avec délices, espérant m’y fondre et devenir, moi aussi, lumière.
Depuis, j’en jouis chaque jour d’avantage en priant le ciel que ces délices quotidiens n’aient jamais de fin.
Cette ville est comme un réceptacle de vie où toutes les passions, hautes et basses, se heurtent chaque jour dans un grand éclat d’étincelles. Vivre à Budapest, c’est un renouveau de l’être, une renaissance de l’âme à travers chaque facette de la ville et de son histoire.
Un jour, peut-être, j’aurai fait le tour de cette ville mais je n’y crois point, je ne veux y croire car je sais que chaque zone d’ombre, telle l’empreinte digitale de la ville, recèle encore bien des secrets insoupçonnés et qui ne se livreront qu’après de gigantesques luttes n’ayant pour enjeu qu’une si faible portion de la mémoire de Budapest.
3 commentaires:
MAGNIFIQUE, je partage grandement tes impressions sur ce cimetière, il est splendide, au chambon sur lignon c pas des célébrités mais y a un cimétière paysager qui n'est pas mal du tout pr une création du pays enfin mon pays.
Sinon le texte il est pas mal non plus, ct grande période lyrique enfin chais pas si ça se dit dans ces commentaires mais ct très bien, allez Maingue bisousssssssssss
Ca y est moumine a son compte elle aussi, elle va pouvoir commenter à son tour!!!!
Bisous,
Marie Jo et Estelle
ouais !!! vive mouminette !
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